Gloria / 10.06.2016

Ma première rencontre avec la méthode Feldenkrais

Bruxelles,1980.

J’ai 22 ans, et ai terminé mes études de kinésithérapie.
Je m’inscris suite aux conseils d’une collègue  à un atelier Feldenkrais.
Dans une petite salle, quelque part en ville se retrouvent une quinzaine de personnes, d’une moyenne d’âge de 40 ans… et moi (22ans). Je me sens un peu à côté, mais comme j’y suis , j’y reste.

Une petite dame très élégante nous dit tranquillement  allongez-vous sur le dos.
Et observez votre position, ne changez rien.
Observez et sentez, et puis bougez un peu un pied, l’autre pied, jouez, regardez, ressentez ce que vous êtes, comment vous faites.
Quelles sont les parties de vous-même que vous impliquez dans ce mouvement…
Et ainsi de suite pendant une après-midi entière.

Le temps m’avait semblé immobile, j’avais tout à coup la sensation que mon corps répondait autrement, que les connexions nerveuses et musculaires trouvaient un autre chemin, que de nouvelles portes s’ouvraient devant moi. Et qu’un même mouvement pouvait avoir plusieurs entrées différentes.

Et surtout : il n’était pas nécessaire de souffrir pour ressentir son corps et non seulement de ne pas souffrir, mais également de ne pas juger, ni se sentir juger, ni avoir le sentiment d’être ridicule ou inadapté.
Je pouvais me sentir légère et en même temps enracinée. Ma tête était sur mes épaules à sa place.
Et mes jambes supportaient mon tronc sans effort.
Je découvrais la méthode Feldenkrais !

Son fondateur, Moshé Feldenkrais né en 1908, physicien et chimiste renommé, modifia le cours de sa vie le jour où un banal accident de football abima son genou.
Son expérience dans la pratique du judo lui donna les 1ères clés pour observer comment son corps pouvait rester alerte et en bonne santé même avec un genou abîmé.
Petit à petit, son exploration l’amena à faire des liens  entre notre mental , nos sensations  corporelles  et également  nos sentiments.
La tête réfléchit plus légèrement  lorsque le corps est en bonne santé. Nos sentiments sont souvent plus légers et optimistes si nous ne devons pas porter tout le poids de notre corps.
Le côté ludique, interrogatif, cette recherche permanente des différents liens de notre être, continue à me fasciner 30 ans plus tard.

La méthode Feldenkrais est une voie qui permet à chaque être humain de creuser son propre sillon.

Il nous aide à privilégier l’unicité de tout un chacun.